LA SYRIE
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augmentation du nombre de nos nationaux. Ils forment
la colonie européenne la plus nombreuse : plus de 2 600,
en dehors des fonctionnaires et des militaires, l’empor-
tant même sur les Grecs, qui pullulent si naturellement
sur toutes les rives orientales de la Méditerranée. On m’a
assuré que nos compatriotes sont dix fois plus nombreux
en Syrie et au Liban qu’avant guerre. C’est un effet
indirect du mandat qui ne les favorise pas légalement,
mais leur donne la confiance et les facilités pratiques
que trouvent dans tout pays les nationaux de l’État qui
y exerce l'autorité.
La diffusion de notre langue, favorisée par le mandat
qui en fait, à côté de l’arabe, une langue officielle, est
aussi un élément favorable aux progrès du commerce
entre la France et les pays svriens. Enfin, il est inévitable
que la présence de nombreux Francais, dont quelques-
uns sont les conseillers techniques des gouvernements
locaux, oriente le développement de la Svrie et du Liban,
dans un sens qui tend à en faire le complément écono-
mique du pays qui guide et protège leur formation. On
a indiqué les progrès de la production de la soie et du
coton ; le premier de ces articles va à Lyon, ville dont
les pionniers ont été les promoteurs du développement
de la sériciculture syrienne et surtout libanaise. La pro-
duction du coton vise le débouché français. Ainsi les pays
de mandat viennent déjà et vont encore plus venir, à
côté de nos colonies, contribuer à résoudre pour nous
le problème des matières premières.
Sans doute, avec leurs 150 000 kilomètres carrés, en
partie désertiques, ne peuvent-ils prétendre fournir à la
longue des quantités de matières premières comparables
à celles que l’on attend dans l’avenir, par exemple, des
immensités de l’Afrique occidentale. Mais ils présentent
pour nous l'avantage d’être plus prêts à en donner, car
ils sont en proportion beaucoup plus riches en hommes,
que nous trouvons en outre déjà mieux rompus au travail.