28 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
les initiatives françaises qui viennent féconder le pays,
en associant le labeur indigène à l’activité européenne pour
le bénéfice des uns et des autres et l’enrichissement général
du pays.
Quand le réseau de chemins de fer nécessaires à l’Indo-
chine sera terminé, quand le transindochinois sera enfin
achevé, quand la voie de Tanap à Takhek reliera le
Mékong à Vinh et à Tourane, quand le rail atteindra
la frontière siamoise, quand les voies secondaires vers les
terres rouges en Cochinchine et au Cambodge, vers les
centres miniers au Tonkin auront été construites ; quand
tout un réseau de routes complémentaires apportera aux
voies ferrées les produits des hautes vallées et des pla-
teaux, c’est-à-dire dans une vingtaine d’années, l’Indo-
chine sera devenue une source de grandes richesses pour
la métropole, la justification de son action civilisatrice.
l’honneur de la nation française.
Mais il est un autre point de vue — point de vue non
plus d’ordre économique mais d'ordre politique, celui-là
— qui doit nous rendre l’Indochine infiniment précieuse.
L’empire indochinois, possession française, se trouve,
par sa situation géographique, par ses populations, par
la nature de ses produits, par sa monnaie même, appar-
tenir au monde de l’Extrême-Orient.
Placé au centre d’un polygone dont les sommets seraient
Singapour, Batavia, Manille, Tokio et Shanghaï, au voi-
sinage des États malais, des Indes néerlandaises, des Phi-
lippines américaines, de Formose la Japonaise, le long
de la frontière chinoise sur 1 800 kilomètres, à l’entrée
du Pacifique, il constitue pour la France une sorte de
métropole seconde, une métropole orientale, comme le fut
Carthage pour Tyr et Sidon.
Il apparaît comme une sentinelle avancée de la France
en Extrême-Orient, une fenêtre ouverte sur le Pacifique,
une base économique, un foyer de rayonnement français
dans tout l’Extrême-Orient.