102 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
où notre souvenir est encore vivant et aussi les Antilles
anglaises et notamment Sainte-Lucie et la Dominique
où la langue parlée ‘aujourd’hui est encore le français.
Mais à quoi bon revenir sur un passé douloureux? Notre
destinée dans le monde est aujourd’hui très enviable et
des hommes comme Jules Ferry ont réparé l’erreur des
siècles passés.
Ces îles, comme on dit encore, constituent un groupe
spécial ; ce ne sont pas, à vrai dire, des colonies, mais
des départements français ; ce sont des morceaux de la
France. Elles jouent encore un rôle appréciable au point
de vue économique ; elles jouent aussi un rôle dans la
politique internationale, car il est important que nous
possédions sur la route qui va de l’Atlantique au canal
de Panama un port aussi commode et aussi bien outillé
que celui de Fort-de-France. Et puis il est glorieux
d’avoir sur les grandes routes du monde des établisse-
ments dont tous les habitants sont des citoyens français,
qui parlent notre langue, pensent comme nous et sont,
à mille lieues de l'Europe, des sentinelles fidèles, témoins
éloquents d’un passé inoubliable.
Et tout d’abord, un problème se pose. Comment les
deux Antilles et la Réunion séparées par d'immenses
étendues de. mer présentent-elles les mêmes caractères
géographiques et climatériques? Pourquoi leurs habi-
tants, qu’ils soient créoles ou mulâtres, ont-ils les mêmes
mœurs, la même manière de vivre, la même culture et
les mêmes aspirations? Pourquoi un créole de la Marti-
nique arrivant à la Réunion se trouve-t-il immédiatement
chez lui et n’a aucun apprentissage à faire? Poser le pro-
blème n’est pas le résoudre et j'avoue que je n’al pas
trouvé d’explication satisfaisante. Mais il en est ainsi et
il n’est pas difficile de le prouver.
D’abord au point de vue physique toutes trois sont
montagneuses et, toutes trois aussi, volcaniques. Elles
possèdent le même régime fluvial, non pas des fleuves,