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fréquents tremblements de terre qui secouent les deux
Îles jusqu’aux entrailles. En 1906, Pointe-à-Pitre a connu
près de cent tremblements de terre dont quelques-uns
furent extrêmement violents. Et voilà qu’il y a quelques
semaines la ville de Pointe-à-Pitre et la Guadeloupe tout
entière ont été bouleversées par un violent cyclone qui a
anéanti les usines, les maisons et les cultures et supprimé
plus de mille habitants.
C’est à cette immense chaudière invisible que sont dues
les sources thermales comme les bains d’Absalon, ceux
de la Frégate et de Moutte à la Martinique ; ceux de
Matouba, des bains Jaunes et de Dolé à la Guadeloupe.
Les deux îles sont traversées par des routes dont le tracé
hardi et quelquefois vertigineux est dû souvent au génie
militaire. La route de la Trace, qui se tord au pied du
piton du Carbet et passe devant la montagne Pelée, est
d’une beauté incomparable. Une autre route, celle du
Calvaire, traverse l’île d’est en ouest. De même à la Gua-
deloupe, la route qui, par une série de crochets, va de
Pointe-à-Pitre à Basse-Terre permet aux voyageurs de
contempler les panoramas les plus variés et les plus inat-
tendus.
Ces routes enjambent des torrents qui sillonnent ces
deux pays et de paliers en paliers descendent jusqu’à la
mer. Ce sont, à la Martinique, la Roxelane au nom gra-
cieux et au cours bondissant sur les roches, la Capote,
le plus long de ces cours d’eau dont les crues sont ter-
ribles mais le plus souvent peut se traverser à gué ; la
Lézarde et d’autres encore. De même à la Guadeloupe
des torrents, qu’on appelle des « ravines », bondissent des
montagnes. Telles sont les deux Mamelles et la Soufrière.
« Les unes, a dit un écrivain, naissent de plusieurs sources
minuscules et coulent silencieusement entre leurs rives ;
d’autres bouillonnent et écument comme si elles s’élan-
çaient d’un foyer volcanique. Elles coulent ainsi très
encaissées entre d’abruptes falaises parfois à ciel ouvert.