Full text: L' empire colonial français

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L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS 
tain que les Antilles furent jadis habitées par des peuples 
d’origine caraïbe. À travers les légendes, il apparaît bien 
que ces malheureux ont été massacrés et anéantis par 
les compagnons de Christophe Colomb. On sait en effet 
que la Guadeloupe fut découverte par ce hardi naviga- 
teur, quoi qu’en disent ses récents détracteurs, le 4 no- 
vembre 1493, lors de son deuxième voyage au Nouveau 
Monde. Il débarqua dans une petite île à laquelle il donna 
le nom de Maria-Galande (d’où nous avons fait Marie- 
Galante (la Gracieuse). Il fit voile, ensuite, vers une île 
beaucoup plus grande, dans la baie actuelle de Sainte-Marie 
de Capesterre. Les nouveaux venus eurent à lutter contre 
les indigènes caraïbes. « Depuis, dit le P. Dutertre, qu’on 
eut déclaré la guerre aux Caraïbes, nos gens, n’osant plus 
sortir, mangeaient jusqu’à l’onguent des chirurgiens et 
au cuir des baudriers. » Ce fut donc une guerre sans merci 
et qui se termina par l’extermination des indigènes. On 
dit que dans les taillis impénétrables du centre de la Gua- 
deloupe, encore peu connus, certains groupes caraïbes 
habiteraient encore, mais ce serait à vérifier. En tout cas, 
à la Martinique, il ne reste aucun souvenir de ces popu- 
lations. Rien de leurs armes ni de leurs ustensiles, aucune 
trace de monuments, aucune indication de leur langage. 
C’est le 15 juin 1502, à l’endroit précis où s’élève le bourg 
du Carbet, que Christophe Colomb posa le pied sur cette 
île, qu’on appelait Madinina. Mais la colonisation n’a été 
effective que plus d’un siècle plus tard (1635) quand le 
fameux d’Esnambuc accompagné de cent vigoureux com- 
pagnons prit possession de l’île et, à partir de cette époque, 
l’histoire de la Martinique n’est que le récit continu de 
difficultés qu’eurent à vaincre ce héros, son neveu Dupar- 
quet et leurs successeurs. Ils eurent, en particulier, à 
lutter contre les convoitises des Anglais et des Espagnols. 
Fort-Royal, aujourd’hui Fort-de-France, a été plusieurs 
fois pris et repris. Mais la vaillance française triompha de 
tous ces assauts et les traités de 1815 consacrèrent notre
	        
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