114 L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
généreusement à la mère patrie le plus grand nombre
d’illustrations dans tous les domaines de l’activité hu-
maine? |
Les ressources économiques. — Arbres gigantesques au
feuillage touffu, cascades de lianes aux tons délicats, filaos
saluant le vent qui passe, tapis de fleurs éclatantes, bam-
bous flexibles d’un vert tendre puis, s’étendant à l’infini,
les champs de cannes à sucre, les caféiers et les bananiers,
les géraniums d’un rouge aveuglant et les cacaovers de
couleur sombre, toute une gamme de couleurs qui tantôt
s’harmonisent et tantôt se heurtent violemment, tel est
le spectacle enchanteur et prenant que nous offrent ces trois
îles. Ce sont nos colonies sucrières. La Martinique surtout
a eu le tort inquiétant de devenir un pays de monocul-
ture. Sa superficie est d’environ de 98 782 hectares (à peine
la huitième partie de la Corse dont 1l faut déduire toute
la région montagneuse). C’est donc 60 000 hectares, au
maximum, qui se prêtent à la culture et ce ne sont par-
tout que des plantations de canne à sucre. Cent cinquante
grands propriétaires de l’île, dont quinze usiniers, se par-
tagent les quatre cinquièmes des terres cultivables. Le
sucre et le rhum, voilà les denrées qui enrichissent la Mar-
tinique. Tant que les champs de betteraves ont été en
jachère dans les départements dévastés, il n’est pas dou-
teux que la Martinique a rendu à la métropole un service
signalé. Mais il n’en est plus de même aujourd’hui et les
fabricants d’eau-de-vie métropolitains du Sud et du Sud-
Ouest ont voulu reconquérir les marchés perdus. De là
un conflit aigu entre la métropole et la colonie qui a
abouti au fameux contingentement des rhums, grâce à
M. Barthe, député de l’Hérault. Par un revirement inat-
tendu, cette loi a favorisé ceux mêmes qu’on voulait
atteindre et des négociations sont actuellement engagées
entre les représentants des intérêts en présence.
Il faudra beaucoup d’adresse pour trouver une solu-
tion dont les deux partis puissent se déclarer satisfaits.