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on se décida à improviser à la pointe des Galets un port
en un lieu qui ne possédait ni eau, ni arbres, ni maisons.
Il en coûta un nontbre respectable de millions. Il fallut
ensuite rattacher ce port, où tout navire qui veut entrer
est en perdition, par un chemin de fer qui, pour gagner
Saint-Denis, dut passer sous un tunnel d’un kilomètre
de longueur percé sous la montagne. Cette voie ferrée
devait, dans la pensée de ses promoteurs, faire le tour
de l’île, mais l’argent manqua, tar on avait dépensé plus
de cent millions et maintenant encore, les travaux, bien
qu’on y pense, n’ont pu être repris. Beautés de la poli-
tique locale! Qu’on s’étonne ensuite que la Réunion ait
connu des heures très sombres. La guerre lui a rendu son
activité et lui a permis de cenouer avec la France, la Côte
d’Afrique et Madagascar des relations suivies. Souhaitons
que la prospérité que devraient lui assurer son sol mer-
veilleux, ses produits multiples et la vaillance de ses habi-
tants lui reste désormais fidèle.
L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
2, — LES ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS
DE L’INDE
La France a conservé sur les côtes de Coromandel et
de Malabar, au fond du golfe du Bengale, cinq territoires
(Pondichéry, Chandernagor, Yanaon, Karikal et Mahé)
dont l’étendue représente à peine le quart du plus petit
de nos départements et dont la population, dense cepen-
dant, ne dépasse pas trois cent mille habitants. C’est
tout ce qui reste à la France d’un rêve radieux, irrémédia-
blement évanoui et d’un passé héroïque. L'histoire a gardé
le souvenir des hauts faits d'hommes qui s'appelaient
Dupleix, La Bourdonnais, De Bussy et Lally-Tollendal.
Ils ont accompli sur cette terre lointaine d’homériques
exploits et n’ont échoué dans leur admirable entre-
prise que par l’imprévovance des pouvoirs publics et les