Full text: L' empire colonial français

LES POSSESSIONS FRANÇAISES DE L’OCÉANIE 125 
aux cultures tropicales et à celles des régions tempérées. 
Les plantations de cocotiers y sont possibles sur tous les 
rivages marins, y compris les centaines d’ilots madrépo- 
riques à peine émergés des flots salés et sur lesquels 
aucune autre végétation utile ne peut se développer. À 
l’intérieur des vallées, les mieux exposées, le caféier et 
le coton se comportent comme en terre d’élection. On 
estime à 800 000 hectares la superficie des terres à pâtu- 
rages et à 225 000 celles occupées par des forêts d’où 
l’on extrait des essences telles que le niaouli, dont on 
fabrique en Europe le goménol, et des bois odoriférants, 
tel le santal, ainsi que nombre d’autres utilisables pour 
la charpente, la menuiserie et l’ébénisterie. 
Le climat de la Nouvelle-Calédonie est agréable et sain. 
L’Européen y peut travailler de ses bras tout comme en 
France, en sorte que cette colonie et la plupart des terres 
qui en dépendent sont, au premier chef, des payé de 
peuplement. Le nombre des Néo-Calédoniens de race 
blanche atteint 10 000, celui des indigènes est de 16 105 
et tend, il faut le déplorer, à diminuer en dépit des 
mesures prises pour assurer sa conservation. Nos com- 
patriotes de l'hémisphère sud se caractérisent par une 
prande vigueur physique, un esprit d’initiative qu’aucune 
épreuve n’abat. Les familles sont nombreuses et essaiment 
non seulement dans l’intérieur, mais aussi dans les autres 
les, Fotuna, Wallis, et les Nouvelles-Hébrides surtout où 
leur nombre sans cesse grandissant oppose aux préten- 
Lions de nos antagonistes une situation de fait susceptible 
d'amener dans un avenir assez proche le règlement à 
notre avantage d’un régime bâtard, véritable entrave 
au développement matériel et moral de cet archipel. 
Les Néo-Calédoniens se distinguent également par leur 
sens aigu de la nationalité qu'ils représentent aux anti- 
podes. Ils en sont justement orgueilleux et luttent éner- 
giquement pour disputer la place qui leur revient de 
l’activité générale dans cette partie du monde. Disons. à
	        
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