126 [ L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS 2
la louange de la Calédonie, que sur une population totale
de 38 000 habitants la grande guerre en vit venir plus
de deux mille sur lès fronts d’Europe. Le quart environ
furent tués à l’ennemi.
Au début de l’année 1925, s’est dessiné dans le nord
de la France, un mouvement d’émigration vers la Nou-
velle-Calédonie qui a porté sur plus de deux cents per-
sonnes des deux sexes et quelques enfants. La colonie prit,
dès leur arrivée, les dispositions les plus libérales et les
plus judicieuses pour faciliter à ces pionniers leur premier
contact avec la terre calédonienne. Certains d’entre eux
se sont fixés comme colons sur les terres domaniales mises
à leur disposition, quelques autres sont restés à Nouméa
pour y exercer diverses professions et métiers ; d’autres
enfin n’ont pas craint d’aller se fixer aux Nouvelles-
Hébrides où l’effort de mise en valeur dû à l'initiative
française se manifeste en de très beaux domaines : coco-
teraies, caféières, cotonneraies et bananeraies.
À l'effet de Ménager à la colonisation européenne les
facilités d’expansion qui lui sont nécessaires, l’actuel et
très distingué gouverneur, M. J. Guyon, haut-commis-
saire de la France dans le Pacifique, a soumis au départe-
ment des Colonies le projet d’organisation d’une brigade
topographique dite de « colonisation ». Son rôle serait de
déterminer de grands périmètres de colonisation en fonc-
tion de la valeur intrinsèque des terres dans les diverses
régions de la colonie, afin de procéder ensuite à leur allo-
tissement.
Les indigènes ne sont pas en Nouvelle-Calédonie fon-
cièrement réfractaires à toute collaboration avec nos
colons, mais leur faible densité et la nécessité où sont
le plus grand nombre de se consacrer à leurs propres
cultures et aux soins de leurs troupeaux, ont imposé le
recours à la main-d’œuvre étrangère d’origine exclusi-
vement asiatique.
Diverses demandes de recrutement de travailleurs du