L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
découverts dans le sud-ouest et des masses énormes de
grès bitumineux ont été reconnues dans l’ouest. Leur
exploitation, déjà ftudiée, est subordonnée à la créa-
tion de voies ferrées d’extraction.
Jusqu’en 1895, le portage à dos d’homme fut le seul
moyen ‘de transport pratiqué. Aujourd’hui il existe un
réseau de 5821 kilomètres s'étendant sur toute l’ile :
690 kilomètres de chemins de fer relient au port de Tama-
tave une partie du plateau central, Tananarive, le lac
Aloatra et Antsirabe, ainsi que les ports de la côte ouest
à leur hinterland ; 60 kilomètres de tramways desservent
la banlieue de Tananarive ; 3 189 kilomètres de routes
carrossables sont tracées à travers les diverses régions
et parcourues par des services réguliers d’automobiles ;
1273 kilomètres sont en voie d’achèvement ; de nom-
breuses pistes régulièrement entretenues serrent les
mailles de ce réseau déjà considérable. Des projets à
l’étude vont l’étendre encore, ils comportent 1 263 kilo-
mètres de voies ferrées, 51 kilomètres de tramways,
300 kilomètres de routes, l'achèvement du canal des
Pangalanes, l’amélioration de l’éclairage des côtes et
la construction de plusieurs ports. Comme autrefois
dans l’Empire romain, la route accompagne la colonisa-
tion française et à Madagascar cette tradition n’a pas
été méconnue. Ajoutons que le télégraphe et le télé-
phone rayonnent sur toute l’île.
La colonisation française, on le voit, n’a pas été inac-
tive ; deux chiffres marquent ses étapes. En 1894, à la
veille de notre prise de possession, la valeur du mouve-
ment commercial des quatre principaux ports attei-
gnait à peine 10 000 000 de francs, vingt ans après elle
dépassait 102 000 000 et en 1925 elle a excédé 936 000 000.
Il s’en faut cependant que notre politique ait été à
l’abri de critiques sérieuses. Dans la métropole les excès
d’un esprit doctrinal étroit, des habitudes systématiques
et une centralisation abusive ont causé de lourdes
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