128 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
téressants noyaux de peuplement partout où les bras indi-
gènes font défaut. Ces mêmes colons asiatiques pourraient,
le cas échéant, louër leurs services aux colons venus d’Eu-
rope, notamment pour l’exécution de certains travaux
saisonniers qui ne les détourneraient que momentanément
de leurs propres occupations.
Depuis longtemps le manque de bras a paralysé la plu-
part des entreprises d’envergure. C’est l’Asie, l’Asie seule
qui pourrait sauver la situation. Les Japonais ont pris
l’habitude de venir en assez grand nombre dans les colo-
nies du groupe. Ils s’y livrent surtout à la pêche des trocas,
ces coquillages fournisseurs de nacre qui, ensuite, est
transformée en boutons par des ateliers spéciaux de Naga-
saki et de Kobé. Le Japonais exerce divers métiers
manuels, mais ne s’emploie guère sur les concessions agri-
coles. .
Il ‘est temps de dire quelques mots de la richesse du
sous-sol et de l’activité commerciale de la Nouvelle-Calé-
donie.
Nous ne savons plus qui avait comparé cette terre
lointaine à un lingot de métaux précieux amalgamés,
mais la figure donne une idée exacte de sa richesse dans
la variété des minéraux qui la composent. On en jugera
mieux si nous disons que le chrome, le manganèse, le
cobalt, l’or, l’argent, le platine, le fer, le plomb, le zinc,
l’antimoine, le gypse, les phosphates, le nickel, les terres
rares, enfin le charbon, s’y rencontrent en des gisements
de minéralisation plus ou moins riches, presque toujours
exploitables avec bénéfice. Les gisements de nickel sont
particulièrement abondants et riches ; on estime qu’ils re-
présentent une réserve d’au moins cinq millions de tonnes.
Leur teneur varie de 5 à 7 p. 100, ce qui est très supérieur
à ce que donnent les meilleurs gisements d'autres pays.
La « Société des hauts fourneaux de Nouméa » et
celle du « Nickel » ont, en 1923, exporté 3 900°tonnes de
ce métal en mattes