194 L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
Tels sont en résumé les intérêts supérieurs qui dictent
à la France de rester avec vigilance dans ses positions du
Pacifique austral ; ils sont, dans le double domaine moral
et matériel, de première importance, on pourrait, sans
exapération, les qualifier de vitaux.
20 Condominium des Nouvelles-Hébrides.
Au nord-est de la Nouvelle-Calédonie, et à 400 kilo-
mètres de Nouméa, s’échelonnent dans la direction sud-
est-nord-ouest, les vingt-cinq ou trente îles et îlots for-
mant l'archipel des Nouvelles-Hébrides. Par les Banks
et Torrès, cet archipel continue le chapalet insulaire rejoi-
gnant la Nouvelle-Guinée par les îles Salomon et l’ar-
chipel Bismarck. La dernière des petites terres, au nord
des Banks, est Vani-Koro où, en 1788, le navigateur Lapé-
rouse après son naufrage fut massacré avec tout son équi-
page. Sur ces terres, on le voit, nos titres sont anciens
et respectables. Il serait étrange qu’elles passassent jamais
aux mains de concurrents.
Tout l’archipel dont il s’agit est, sans conteste possible,
une annexe géographique et ethnique de la Nouvelle-
Calédonie.
Du sud au nord, s’échelonnent les îles Anatom, Tanna,
Erromango et Vate. Celle-ci, à peu près au centre de
l’archipel, offre au sud-est l’excellent mouillage de Port-
Vila ‘et au nord-ouest celui de Port-Havanna. Dans le
premier se trouve le siège du gouvernement bicéphale
appelé condominium, résultat malheureux de la conven-
tion franco-anglaise du 20 octobre 1906, modifié par un
protocole du 6 août 1914, promulgué seulement en 1923.
Au nord de Vate, dans une position bifurquée, se
groupent l’île Épi ou Api, qui signifie « feu », à cause du
volcan qui la domine, et dans la branche ouest, les grandes
îles Mallicolo et Saint-Esprit, séparées par le détroit de
Boucainville. Dans la branche orientale succèdent. en