LES PRINCIPES DE LA POLITIQUE COLONIALE 149
exemple le dépistage des tuberculeux, des syphilitiques,
des paludéens et celui des lépreux, l'isolement éventuel
de ceux-ci et leur traitement, etc.
À côté de ce dispensaire polyvalent, nous envisage-
rons une petite infirmerie indigène comme le maréchal
Lyautey en a fait créer une au Maroc avec un si grand
succès.
Cette petite infirmerie permettra au médecin de garder
près de lui des malades intéressants et de faire quelques
petites opérations d’urgence.
Partout ailleurs où ce sera utile pour les indigènes, nous
disposerons un réseau de postes sanitaires mobiles à la
tête desquels nous placerons un médecin auxiliaire indi-
gène qui aura reçu une instruction appropriée, et qui
sera sous les ordres d’un médecin de circonscription.
Cet auxiliaire indigène sera doublé ou triplé par des
infirmiers ou des infirmières indigènes dont la fonction
ne consistera pas du tout à soigner les malades, mais à
rechercher ces derniers là où il peut y en avoir — à les
signaler au poste, à les y diriger s’il y a lieu — et surtout
à faire la prophylaxie des maladies contagieuses, celle de
la variole, de la tuberculose, de la fièvre typhoïde, de
la dysenterie, etc. On leur aura appris à pratiquer les
vaccinations. Ainsi, ces agents sanitaires pourront rendre
d'immenses services à leurs frères de race, qu’ils auront
ainsi pour mission essentielle d’éduquer en matière d’hy-
giène, car cette éducation ne peut pas être faite par nous
autres, Européens. Il faut absolument qu’elle soit con-
tinuée et exercée au sein des familles avec une autorité
suffisante, d’où la nécessité de donner à ces agents sani-
taires et médecins indigènes un certain prestige vis-à-vis
des indigènes."
Je ne veux pas m’étendre plus longuement sur ce sujet
mais je tiens à dire que les lignes essentielles du programme
que je viens de tracer sommairement, se trouvent déjà
dans un règlement qui a été récemment promulgué par