156 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
appartiennent aux indigènes; dans la République
d'Orange, les réserves d’indigènes ne couvrent pas
même 1 p. 100 etbc’est là que vit 7 p. 100 de la popu-
lation indigène, qui ne peut rien posséder ailleurs. Dans
le pays voisin, qui relève en principe de la même autorité
anglaise, toute la propriété est aux indigènes.
Lorsqu’un gouverneur général est nommé dans de telles
régions, que va-t-il faire? Va-t-il appliquer une règle
absolue? Va-t-il imposer la loi métropolitaine? ou au
contraire une coutume locale? Quel problème difficile !
Orientons-nous toutefois vers une connaissance scrupu-
leuse de la coutume ; obligeons tous les fonctionnaires —
sauf ceux de l'enseignement —— à savoir les langues du
pays, à comprendre les coutumes, à pénétrer vraiment
dans l'intelligence des sociétés indigènes. L'enseignement
pratique et réel dans ces régions est donné par les fonc-
tionnaires et les ingénieurs des travaux publics.
Tenant compte de la coutume, comprenant ces sociétés.
il faut toutefois éliminer les usages et les coutumes anti-
moraux, qui sont trop fréquents ; ceux qui exagèrent la
valeur de ces coutumes primitives font de la philosophie
à la Jean-Jacques et ne se rendent pas compte de ce
qu’est la réalité humaine ; professer une indulgence sans
limite pour toutes les pratiques de cés sociétés serait en
vérité contredire l’œuvre même de la colonisation.
Nous sommes donc partisans de la politique indigène, en
ce sens que nous voulons traiter les différents peuples
selon leur moralité et selon leur degré d’évolution, tâcher
de leur faire comprendre ce qu’est le progrès, sans leur
imposer une discipline d’autorité qui va à l’encontre du
généreux dessein que nous poursuivons.
Les Français ont vu ce dessein facilité par le fait qu’il
n’y a pas chez nous de préjugés de race, ni de couleur.
Nous le devons à notre passé, à notre formation chré-
tienne. Par suite, l’ensemble de notre personnel colonial
— et surtout de notre personnel administratif, qui a le