166 L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
Je n'ai pas dit encore, sachant que j'aurais à y revenir,
quelles étaient les colonies assimilées et les non assimi-
lées. Prenons d’abord les colonies assimilées, celles qui
sont placées sous le même régime douanier que la métro-
pole. En première ligne figure l’Algérie où les quatre cin-
quièmes des importations sont d’origine française. Puis
viennent, pour les deux tiers seulement, Madagascar, la
Martinique, la Guadeloupe, la Guyane; nous descendons
à la moitié à La Réunion, au Gabon, en Nouvelle-Calé-
donie, et tombons à un tiers seulement en Indochine. Au
contraire, en ce qui concerne la Tunisie où les marchan-
dises françaises n’ont que tardivement été protégées, au
Maroc, où elles ne le sont aucunement, nous retrouvons,
en faveur des produits français, la proportion des deux
tiers, qui semble être ainsi la règle normale de nos éta-
blissements d’outre-mer.
Quant aux non assimilées, celles qui ont leurs tarifs
propres, nous constatons que les produits français cons-
tituent la moitié des importations au Sénégal, les deux
tiers au Soudan, à la Côte d’Ivoire, au Congo, dans l’Ou-
banghi. C'est seulement en Guinée que l’on retrouve la
faible proportion du tiers, fournie par l’Indochine, et
dans de minuscules domaines que l’on descend au-dessous :
un quart au Dahomey, un cinquième en Océanie, ete…
Quelle est la raison profonde de cette inefficacité rela-
tive du régime douanier? On ne peut même pas dire que
ce soit l'éloignement de la métropole. Je crois que cela
tient beaucoup plus, en général, à la nature des produits
dont chacun des pays considérés a besoin et, dans d’autres
cas, à la difficulté souvent insurmontable qu’il y a à
changer les vieilles traditions contmerciales.
Si en Indochine, par exemple, la proportion de nos
importations n’est que d’un tiers, c’est qu’en matière de
tissus, pour ne parler que d’eux, l’article dont elle con-
somme le plus est la soie. Elle va s’approvisionner chez
ses plus proches voisins, en Chine, au Japon ; elle aurait