LA VALEUR COMMERCIALE ET PRODUCTIVE 183
4 Cette rareté de la main-d’œuvre nous amène fata-
lement à une conséquence : là, où la main-d’œuvre est
rare, s'imposent l'outillage perfectionné et l’intervention
constante de la science. Or, jusqu’ici, l’un et l’autre ne
se rencontrent pas assez dans nos colonies.
Quant à l’intervention de la science, il semble absurde
en un pays comme la France d’avoir même à la men-
tionner. Notre pays abonde en savants hautement qua-
lifiés, en organisations scientifiques, en comités où les
compétences et le zèle s'offrent spontanément. Ce qu’on
peut en critiquer, c’est que jusqu'ici ces organisations
et comités travaillent en ordre dispersé, ne se communi-
quant ni leurs travaux ni leurs résultats, et, au lieu de
se partager la besogne et de se spécialiser dans des
recherches déterminées, font souvent double emploi, si
même ils ne se jalousent et ne se combattent. Récemment,
des efforts sérieux ont été tentés pour porter remède à
ces rivalités surannées.
Mais si la science et les savants abondent en France, ils
sont plus rares dans nos colonies mêmes, où leur inter-
vention serait autant et même plus nécessaire. Labora-
toires, instituts, jardins, etc, à Java notamment, s’effor-
cent.et d’améliorer les espèces cultivées et de combattre
les innombrables ennemis de ces cultures. Il y a des
laboratoires spéciaux, magnifiquement dotés, avec un
personnel de choix attaché à chacun d’eux, pour le riz,
le thé, le café, le tabac, le quinquina, ete. Et ces
centres de recherches ont obtenu ce double résultat de
sélectionner et de répandre dans le pays les espèces
les meilleures par la qualité et les plus abondantes par
la quantité, si bien que les riz, les cafés, les tabacs, les
quinquinas de Java sont plus productifs et obtiennent
des prix plus élevés que ceux de la plupart des autres
pays. Tous ces organes scientifiques ont été au début
créés et entretenus par le gouvernement, par l’intermé-
diaire de ce magnifique établissement qui s’appelle le