184 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
Jardin de Buitenzorg. Grâce à eux, les cultures ont pros-
péré, les colons se sont enrichis, et aujourd’hui ils ont
pris la charge de ces laboratoires, instituts, stations, etc. ;
ils les ont déplacés, les installant à grands frais dans
les régions les plus favorables ; ils contribuent ainsi à
une création de richesse qui est bien faite pour exciter,
sinon l'envie, du moins le désir de les imiter. Toutes
nos colonies en retireraient le profit le plus certain.
Je me résume. Si je reprends la question posée : « Les
colonies sont-elles, peuvent-elles être un champ de ma-
tières premières pour le bénéfice de la métropole? »
Voici les réponses très nettes que je puis faire. |
Oui, de par leur latitude, leur climat, leur sol, ces colo-
nies peuvent produire toutes ces matières premières.
Elles ont déjà commencé. Et, pour certaines qualités
d’arachides, par exemple, pour le riz et aussi pour ce
que j'appellerai des produits précieux mais moindres
(minores), elles fournissent déjà un contingent satisfai-
sant.
Pour les caoutchoucs, le cacao, le thé, et, à la rigueur.
le café, vu certains efforts, elles seront en mesure de satis-
faire les besoins de notre pays dans un délai de dix à
douze ans.
Mais, quant aux grands produits industriels, les oléa-
gineux, le coton, la laine et la soie, pour qu’elles en pro-
duisent les quantités et les qualités nécessaires, il paraît
raisonnable de s'attendre à des délais plus longs, qui se
chiffrent par des dizaines d'années, vingt à trente années
peut-être.
Et encore à la condition que les entrepreneurs blancs
soient plus nombreux, qu’on ne ralentisse pas le magni-
fique effort de défense des races indigènes contre la
maladie, qu’on outille et équipe très bien nos colonies
et qu’on établisse sur de solides et larges bases scienti-
fiques la lutte pour les meilleures espèces et contre leurs
ennemis les plus dangereux.