Full text : L' empire colonial français

LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIES 207

Sur la foi d’une parole devenue en quelque sort
légendaire, mais que nous croyons assez mal interprétée,
 il est aujourd’hui d’un usage courant d’affirmer
que « nous sommes un peuple de cent millions d’âmes ».
Et, en effet, on obtient à peu près ce chiffre en additionnant
 les quelque 54 à 55 millions d’habitants de nos
colonies avec les 40 millions d’habitants de la métropole.

Mais c’est là une pure opération de l’esprit. On ne peut
additionner entre elles que des unités d’égale valeur et
il s’en faut de beaucoup que les unités en question réalisent,
 au point de vue de leur rendement militaire ou
économique, cette égalité.
Il est admis, en principe, que pour ne pas porter préjudice
 à la vitalité et à la production d’un pays, il ne
faut pas que l’effectif de son armée du temps de paix
prélève plus de 1 p. 100 de la population totale, pourcentage
 qui, d’ailleurs, n’est pas atteint.
C’est ce qui a lieu en France et en Algérie où les effectifs
 de paix représentent de 0,92 à 0,95 p. 100 des populations
 ; mais, en raison des besoins spéciaux des colonies
et des conditions physiologiques des indigènes, cette proportion
 s’abaisse entre 0,30 et 0,35 p. 100 ; plus bas encore
dans certaines d’entre elles, par exemple, en Indochine
et en Afrique équatoriale.
D’après le projet de loi des cadres et effectifs récemment
rapporté par lv. /.ccambravy :

La France, pour une population de 39 millions d’habitants
fournirait : 240 000 incorporés.
L'Afrique du Nord, pour une population de 13 millions d’habitants
 fournirait : 94 000 incorporés.
L'A. O. F. et A. E. F., pour une population de 15 millions d’habitants
 fourniraient : 47 000 incorporés.
L'Indochine, pour une population de 20 millions d'habitants
fournirait : 18 000 incorporés.
Madagascar, pour une population de 3 millions d'habitants fournirait
 : 8 500 incorporés.
            
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