216 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
dissimulons pas que sans nos troupes d’Afrique, dont
l'Armée Noire forme — et est appelée à former — un
contingent toujours plus important, nous n’aurions
jamais pu adopter le service d’un an.
Des considérations qui précèdent, on est fondé à con-
clure qu’il existe une relation étroite entre l’avenir des
populations de notre Afrique occidentale et la construc-
tion du Transsaharien.
D’autres ont dit les richesses de ce Soudan que Melchior
de Vogüé appelait « nos Indes noires », et qu’arrose un
immense fleuve plus fécond que le Nil. D’autres ont dit
quelles ressources économiques et quels débouchés com-
merciaux pouvait nous ouvrir ce merveilleux domaine,
le plus fertile peut-être qui ait jamais été mis entre les
mains d’une grande nation!
Dans une étude particulièrement consacrée à la ques-
tion des transports stratégiques — transports qui, ne
l’oublions pas, ne concernent pas seulement les troupes,
mais aussi les approvisionnements en matières premières
et produits alimentaires — on ne saurait longuement
revenir sur des considérations d’ordre économique d’ail-
leurs maintes fois développées.
Il ne paraît cependant pas inutile de rappeler que le
seul fait de mettre en communication directe, permanente
et rapide, deux contrées et deux groupements humains
essentiellement différents par les mœurs des populations
et par les productions du sol, l’une l’Afrique du Nord,
de plus de 13 millions d’âmes ; l’autre approchant, avec
les pays à mandat, de 18 millions d’âmes, ce seul fait,
dis-je, doit créer en quelque sorte instantanément un
vaste mouvement d’échanges.
Est-il besoin de spécifier enfin que c’est en A. O. F.
et A. E. F., que se trouvent. en puissance, les matières