LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIES 217
premières et produits alimentaires qui nous sont les plus
indispensables et que nous payons le plus cher à l’étran-
ger (plus de 10 milliards en ces dernières années) : le coton,
la laine, les oléagineux, la viande, le caoutchouc, le café,
le cacao. toutes productions qui n’attendent que des
capitaux, des techniciens, de la main d’œuvre et de l’ou-
tillage pour être développées.
La dernière guerre a prouvé qu’en plus de ces richesses,
notre Afrique occidentale nous offrait une précieuse
réserve de magnifiques soldats.
- Certes, sous l’impulsion des remarquables gouverneurs
qui ont successivement administré notre domaine colo-
nial africain, des progrès considérables ont déjà été accom-
plis, et l’on peut dire que toute la périphérie de l’A. O. F.
et bientôt de l’A. E. F. (quand sera ouverte la voie ferrée
Brazaville-Pointe Noire) est en plein essor de mise en
valeur. Mais la boucle supérieure du Niger, depuis
Bamakou jusqu’à Ouagadougou et Say, le territoire
militaire du Niger, les régions du Tchad et de l’Ouban-
gui-Chari jusqu’à l’Ogôué, toutes ces contrées au sol
prodigieusement fertile, privées de voies de pénétration et
d’évacuation, sans suffisant contact avec l’élément colo-
nisateur, sont encore plus ou moins en sommeil.
Quand nous déciderons-nous à cultiver ce merveilleux
jardin? Attendrons-nous que d’autres nations, jalouses
d’une œuvre coloniale qu’elles n’auraient vraisembla-
blement pas pu conduire au point où nous l'avons ame-
née, ne viennent cependant nous reprocher — comme
déjà elles l’insinuent — d’être impuissants à tirer de ce
magnifique domaine un suffisant parti, et, par là, de
priver l’humanité des ressources potentielles qu'il ren-
ferme?
Nous avons charge d’âmes et gérance de biens.
Si nous voulons que ce sol africain et cette Armée Noire
nous constituent une force grandissante, il faut mettre
un terme à ces hésitations trop prolongées, 11 faut au