218 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
plus tôt poser le rail qui joindra la Méditerranée au Niger
et plus tard au Congo belge et au Cap.
« Le Transsaharien ! — écrivait récemment le maréchal
Lyautey, en réponse à une enquête de M. Pierre Deloncle,
l’unité de l’Afrique française enfin réalisée par le rail, il
n’est pas de colonial averti, il n’est pas de Français sou-
cieux de la grandeur et de la prospérité nationales, qui,
depuis cinquante ans, n’ait caressé ce beau rêve ! Quel
essor ne devons-nous pas en attendre pour nos posses-
sions tropicales actuellement frappées d’asphyxie ; quelle
sécurité aussi, tant pour notre empire africain, que pour
la métropole elle-même! »
C’est, en quelques mots, toute la synthèse de la ques-
tion.
Quand ils étudieront notre histoire, nos arrière-petits-
neveux auront de la peine à comprendre que nous n’ayons
pas plus tôt entrevu le parti que nous pouvions tirer de
cet empire africain. Ils s’étonneront que nous n’ayons
pas su mieux interprêter les grands enseignements de
notre passé colonial, et qu’après avoir perdu deux grands
empires d'outre-mer que rattachaient à la métropole des
liens trop étendus et trop fragiles, nous n’ayons pas mieux
apprécié la singulière fortune que nous apportait un nouvel
et magnifique empire, à la fois si fertile et si proche !
Si nous savons enfin comprendre que notre plus sûr
avenir est en Afrique, l’ouverture du Transsaharien —
premier et principal tronçon du Transafricain — mar-
quèra, comme il y a un siècle la prise d’Alger, l’une des
prandes dates de notre histoire.