: L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS [
l’une seulement de ces considérations qui déterminèrent
l’homme d’État dont on a dit « qu’il
avait tant d’avenir dans l’esprit ». Elle permet
d’apprécier sa pénétration, sa perspicacité : « La
politique coloniale, écrit-il, est fille de la politique
industrielle… L’exportation est un facteur essentiel
de la prospérité publique ; le champ d’emploi des
capitaux, comme la demande du travail, se mesurent
à l’étendue du marché étranger. Tout le monde,
aujourd’hui, veut filer et tisser, forger et distiller…
L'entrée en scène des derniers venus de la grande
industrie, les États-Unis, l’Allemagne, la Suisse,
à la vie industrielle sous toutes ses formes, entraîne
l’Occident tout entier sur une pente que l’on
ne remontera pas... »
Est-ce clair? Ces hommes ont-ils assez bien compris
la direction prochaine de la politique mondiale?
Ont-ils assez bien compris qu’il fallait
parer, d’avance,au manque de travail, au chômage,
à la misère publique? Ont-ils assez bien compris
que les sacrifices du présent seraient payés, par
l’avenir, au centuple?
L’affaire du Tonkin est engagée. J’y reviendrai
bientôt, puisqu’elle doit décider de la carrière
ministérielle du grand homme d’État.
Mais Jules Ferry a d’autres devoirs à remplir,
d’autres négligences à réparer. Il ne recherche
pas les difficultés, certes, mais elles se présentent
partout à la fois. À Madagascar, il faut agir, et la
flotte de l’amiral Pierre commence une première
surveillanée de la côte et des abords de la
grande île qui a reçu, de Richelieu, le beau nom
de Nouvelle-France. Au Congo, l’initiative vérikXK