L'’'APPORT INTELLECTUEL DES COLONIES 261
métropole, n’a garde de faire fi de son passé. Elle en est
fière, bien au contraire, et demeure toujours un foyer
intense de propagande, un centre de diffusion de la
langue et, par la langue, de la pensée et de la civilisation
de la vieille mère patrie.
à
—- Les colonies contemporaines.
De même en est-il également des colonies actuelles,
de celles sur lesquelles flotte aujourd’hui le drapeau tri-
colore. Non seulement sur les rivages méditerranéens,
mais aux plages opposées de l’Afrique et de l’Asie, dans
les îles du Pacifique et au Nouveau Monde, elles cons-
tituent, de façon différente suivant les cas, un instru-
ment plus ou moins actif, mais toujours efficace, d’expan-
sion de la langue et, par elle, de l'influence française.
Dans les vieilles colonies des Antilles et de l'océan
Indien, épaves du bel empire colonial de l’ancien régime,
à la Guadeloupe, à la Martinique, à la Réunion, terres
françaises depuis le dix-septième siècle, et dont la popu-
lation entière parle denuis longtemps notre langue de
façon correcte ou sous la forme de patois. le rôle est
double. Tout en maintenant la connaissance du bon
français chez ceux qui le parlent et qui l’écrivent pure-
ment, et en le faisant progresser parmi ceux — métis et
créoles surtout — qui emploient uniquement le patois
créole, il faut enseigner natre idiome aux émigrants, et
surtout encourager, par l'exemple, à continuer à s’en
servir, les francophones des îles plus ou moins voisines
passées depuis nombre de décades sous une domination
étrangère. L'École préparatoire de droit de Fort-de-
France à la Martinique, les lycées et collèges de garçons
des « Isles » et aussi le lycée de la Réunion, différents
pensionnats de jeunes filles ici et là, les écoles primaires
qui gravitent autour de ces établissements remplissent
la première partie de cette tâche, à laquelle collaborent