262 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
également les publications locales : ces œuvres litté-
raires, dont, pour la Martinique, le travail de M. J. Gazin
contient la liste très copieuse (1), ces bulletins de sociétés.
ces journaux locaux qui paraissent dans chacune de ces
terres françaises. Ces institutions officielles ou libres ne
peuvent malheureusement guère jouer, par contre, le
second des rôles qui leur est dévolu, surtout aux Antilles :
elles n’entretiennent pas avec les groupes francophones
plus ou moins éloignés du vaste monde des « Isles »,
entre les terres duquel les communications sont encore
rares et difficiles, les rapports suivis qui, seuls, permet-
traient à tel ou tel d’entre eux de ne pas se sentir
isolé et, en quelque sorte, perdu dans une île éloignée de
toute terre française, au milieu d’une population dont
les mœurs, la civilisation et la langue sont différentes.
Au contraire, les petites îles de Saint-Pierre et Miquelon,
au sud de Terre-Neuve, s’acquittent de ce rôle dans une
certaine mesure, grâce aux visites qu’y rendent parfois les
pêcheurs des terres américaines lès plus voisines et aux
rencontres qui s’y produisent entre marins de la France
d'Europe et marins des rivages opposés de l’Atlantique.
Si elle ne se trouvait pas isolée, au nord de l’Amazone,
dans la zone des Selvas, la Guyane pourrait sans doute,
si mal peuplée soit-elle, jouer en quelque façon un rôle
un peu analogue, celui de « point d’appui » de groupe-
ments francophones assez proches ; elle n’est pas, en
effet, si éloignée des plus méridionales des îles du Vent,
et, en particulier, de Trinidad. Mais la rareté des com-
munications entre les « Isles » et cette partie de la côte
de « Terre ferme » et aussi son peu d’essor économique
la contraignent de vivre sur elle-même, sans rayonne-
ment extérieur, travaillant exclusivement à l’instruction
(1) J. Gazrn : Éléments de bibliographie générale, méthodique et
historique de la Martinique (Antilles françaises). Fort-de-France,
[Imprimerie antillaise, 1926, in-8°.