Full text: L' empire colonial français

266 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS 
les écoles primaires fondées par l’initiative privée, — 
c’est-à-dire presque toujours par les missionnaires, 
catholiques surtout, mais aussi protestants, — la con- 
naissance et l’usage du parler français se répandent de 
plus en plus, surtout sur le plateau central et sur les 
points des rivages de la grande île où les Européens sont 
les plus nombreux, comme aussi dans les archipels qui en 
dépendent. 
Pour de multiples raisons, l'immense Afrique équato- 
riale française est loin de présenter une situation aussi 
satisfaisante ; elle est demeurée la possession délaissée, 
l’ «enfant pauvre ». Le recensement de 1926 lui attribue 
près de 3125 000 habitants et, pour une telle popula- 
tion répartie sur un territoire où tiendraient à l’aise 
quatre Frances d’Europe, le pays ne possède encore que 
25 écoles publiques, une école primaire, 19 instituteurs 
européens, — auxquels s’ajoutent, il est vrai, des moni- 
teurs et des instituteurs indigènes, — et 2 880 élèves. 
Du moins, peut-on espérer que, grâce aux efforts du gou- 
verneur général Antonetti, grâce à la création d’écoles de 
village, régionales et primaires supérieures, la métropole 
parviendra enfin, assez vite, à « donner la connaissance 
du français ‘parlé, véhicule essentiel de notre civilisa- 
tion, au plus grand nombre possible d’indigènes », tout 
en ‘procurant une instruction plus développée. à des 
élèves bien doués et choisis. Ainsi sera préparée cette 
lente accession des populations de l’A. E. F. à un degré 
supérieur de civilisation, que déjà, de tout leur pouvoir, 
les missionnaires travaillent à réaliser dans leurs stations. 
Cette accession s’accomplit dès maintenant dans 
nombre de parties de cette Afrique occidentale française, 
qui se soude à l’A. E. F. sur les rives du Tchad. Grâce 
au zèle de gouverneurs et de gouverneurs généraux émi- 
nents, secondés parfois par de remarquables directeurs 
de l’enseignement qui ont su stimuler la bonne volonté et 
l’ardeur de leurs collaborateurs, on voit l’usage de la
	        
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