L'APPORT INTELLECTUEL DES COLONIES 278
une connaissance plus complète du français en face de
l’arabe et du turc. Aux 966’ écoles privées, de toutes
catégories comme de tous rites et confessions, et grou-
pant plus de 72000 élèves des deux sexes, dans les-
quelles l’enseignement du français était pratiqué au même
titre que celui de la langue arabe,se joignaient en 1922 un
ensemble de 427 écoles officielles, comptant environ
17 000 élèves. Depuis lors, les difficultés auxquelles a dû
faire face le haut-commissariat ont nui à l’enseignement
du français comme à l’ensemble de l'instruction publique ;
les dernières statistiques parlent seulement de 260 écoles
officielles, groupant 27 000 élèves, et de 609 écoles pri-
vées (1), mais, avec la sécurité, une reprise encore plus
accentuée ne tardera sans doute pas à se produire. Au
reste, comme le constatait en 1922 M. Auguste Terrier à
la fin de son étude sur « l’Œuvre scolaire française en
Syrie et au Liban (2) », il importe surtout de créer dans
ces pays des établissements — telles les écoles normales
d’État — où les futurs maîtres recevront une formation
leur permettant de remplir leur tâche avec compétence
par la suite. Ce dont la Syrie a besoin, plus que de cette
connaissance de la langue française dont les élèves préfé-
reraient souvent l'étude à celle même de la langue arabe,
si nous ne réagissions pas contre cette tendance, c’est « de
nos méthodes, pour développer chez les jeunes généra-
tions, avec le goût dutravail consciencieux et persévérant,
la rectitude du jugement qui mène à la droiture et à la
sincérité dans la conduite ».
1) Les premiers chiffres sont tirés du travail de M. Auguste Ter-
rier, dont nous donnons le titre un peu plus bas ; les seconds de
l'Annuaire général pour 1927.
(2) Aux pages 138-161 de Notre langue dans le bassin de la Médi-
terranée.