276 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
pression des sections françaises dans les écoles officielles.
Grâce à Ja « Mission laïque », à l’Alliance française, aux
missionnaires, à l’« Alliance israélite universelle », les
écoles françaises de toutes natures se sont multipliées, et
dans tous les ordres d’enseignement, et pour l’un comme
pour l’autre sexe ; elles ont su d’autre part, avec un sens
pratique très avisé, s’adapter aux nécessités de la situation
tout en maintenant leur enseignement dans le cadre
français. Des établissements d’éducation (pensionnats et
externats) fondés à partir de 1881 par les sœurs de Notre-Dame
des Apôtres au Caire, à Tantah, ailleurs encore,
reçoivent non pas seulement les jeunes filles des différentes
colonies européennes d'Égypte, quelles que soient
leurs croyances, mais même de jeunes musulmanes de
la classe aisée; leurs directrices réservent dans leur
enseignement, à côté des cours spéciaux d'anglais,
d’arabe, d’italien et de grec, une place à part aux autres
études françaises, pour lesquelles elles se conforment
aux programmes officiels établis en vue de la préparation
des examens. Plus remarquable encore est le rôle
joué en Chine par un certain nombre d'écoles fondées,
celles-ci par l’initiative gouvernementale el laïque,
celles-là par les missionnaires. L'ensemble d’œuvres
créées à Changhaï par les Jésuites, à côté de l’« Institut
franco-chinois de commerce et d’industrie » et en face
d’établissements américains tels que la Saint-John's
University, mérite d’être qualifié d’admirable. Il s’élève
eraduellement depuis les classes les plus humbles, les
classes enfantines, jusqu’aux études les plus fortes,
celles qui se font à l’Université « l’Aurore-» (fondée en
1903), en passant par tous les degrés et par toutes les
formes de l’enseignement (1): hier encore, à Nankin, le
(1) J. DE LA SERVIÈRE : Une Université française en Chine : « l’Aurore
» de Changhaï (Relations de Chine, avril 1925. — Tir. à part de
23 p. gr. in-8°).