Full text: L' empire colonial français

xxi1,  ‘ L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS 
ment où il allait en recueillir de plus complets. de 
définitifs. 
Désastreuse journée de Lang-son, tant exploitée 
par les partis. Il tombe, ayant en main le traité 
qui nous assure le Tonkin ; il meurt. Et la ques- 
tion se pose de savoir si ces belles décisions, si ces 
efforts, à la fois énergiques et pondérés, doivent 
tourner à l’échec par renoncement, ou si la France 
saura recueillir, malgré tout, le fruit de ce qu’elle 
a semé. 
L’opinion publique paraît incertaine. On criait 
« Tonkin choléra », « Tonkin famine » ; on blaguait 
les fameuses «pépites d’or» ;et puis, on assommait 
la politique coloniale de ce verdict stupide qui n’a 
pas, hélas ! perdu toute son efficacité : « Le Tonkin 
est impopulaire. » L’impopularité : mais qui donc 
en décide? Et qui donc dispose, à son gré, des 
sentiments des peuples? 
Une fois de plus, la passion politique se trom- 
pait. Le vœu de la nation était à l’opposé de ce 
qu’affirmaient ces augures si sûrs d’eux-mêmes. 
La génération était et restait coloniale : et, en 
dépit d’une polémique atroce, elle renversait les 
calculs, retournait, en quelque sorte, les votes et 
les opinions, affirmait la volonté de la nation de 
sauver ce qui était acquis, de développer’ ce qui 
était entrepris. Sous le ministère Brisson nos 
droits sur le Tonkin sont maintenus à deux voix 
de majorité. Si l’élan colonial se trouve, un mo- 
ment, comprimé, du moins il ne s'arrête pas tout 
à fait. Après le grand effort, il y eut un temps de 
repos, voilà tout. Mais, bien peu d'années s’écou- 
lèrent avant que la politique ne se ressaisisse et
	        
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