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* L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
Est-il besoin de dire combien il serait désirable que.
parallèlement au développement de son influence morale
en Extrême-Orient, la France cherchât à augmenter
l’importance des intérêts matériels qu’elle y possède.
La situation que nous avons acquise dans cette partie
du globe nous commande, tout d’abord, de ne pas nous
désintéresser de l’expansion économique, à laquelle est
appelé l’Extrême-Orient. D’autre part, il ne faut pas
oublier que les circonstances nées de la guerre nous mettent
dans l’obligation de rénover, pour ainsi dire, notre com-
merce extérieur en développant nos exportations.
Il est donc naturel que nous tournions les yeux vers
l’Extrême-Orient et que nous nous efforcions de prendre,
dans les échanges internationaux, la part à laquelle nous
pouvons prétendre en raison des droits que nous tenons
d’une situation matérielle et morale qui est assez souvent
méconnué pour qu’il me semble à la fois utile et opportun
d’en souligner l’importance et la vitalité.
Et si, comme je l’espère, le succès vient couronner les
efforts de ceux qui travaillent à l'expansion française en
Extrême-Orient, il sera, en grande partie, obtenu grâce
à l’existence de nos colonies et particulièrement de l’Indo-
chine, dont la possession présente pour nous un intérêt
capital, puisque c’est elle qui constitue, en somme, la
base de notre action économique, financière et diploma-
tique en Extrême-Orient, où nous sommes et devons
rester une grande puissance coloniale, aimée par ses
sujets et respectée par seë voisins.
Notre pays possède donc là-bas des intérêts importants
pt des possibilités très grandes. Il est de notre devoir