2.
— L’APPORT ARTISTIQUE DE LA SYRIE
par M. Ch. VrroLLEAUD,
directeur de service au haut-commissartat de la France.
La Syrie et le Liban offrent au voyageur curieux du
passé un nombre illimité d’excursions instructives et à
l’archéologue un champ très vaste d’explorations fécondes.
Nul pays, en effet, qui ait été mêlé à tant d’événements,
depuis les origines de l’histoire jusqu’à l’invasion mon-
gole, et comme toutes les civilisations voisines ont, simul-
tanément ou tour à tour, exercé leur influence sur ces
régions, la diversité des ruines qu’on y rencontre est
extrêmement grande.
Si haut qu’on remonte le cours des siècles, c’est l’in-
fluence de l’Égypte qui apparaît dominante, sur la côte
phénicienne du moins et tout spécialement à Byblos
(aujourd’hui : Djebaïl, à 37 kilomètres au nord de Bey-
routh).
Les fouilles récentes ont révélé en effet que, dès les
premières dynasties de l’Empire memphite, au temps
d’Ounas et de Mycérinus, à une époque où Tyr et Sidon
n'étaient encore que de simples ports de pêche, Byblos
entretenait des relations suivies avec les riverains du Nil,
à qui il fournissait le bois nécessaire à leurs chantiers
maritimes.
Ces relations se développèrent encore sous la douzième
dynastie (vingtième et dix-neuvième siècles av. J.-C.),
comme on le voit au mobilier funéraire des princes de
Byblos contemporains des Amenemhat, et dont les
objets les plus précieux — conservés maintenant au