292 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
Musée de Beyrouth — sont de style nettement égyp-
tien, bien que certains d’entre eux aient pu être fabri-
qués en Phénicie même, d’après des modèles égyptiens.
De tous les sarcophages qu’a produits la nécropole
royale de Byblos, le plus remarquable est celui qui fut
fait, au treizième siècle avant Jésus-Christ, par Itho-
baal pour son père Ahiram et qui présente le plus haut
intérêt, tant pour l’histoire de l’art que pour celle de
l'écriture alphabétique, — invention merveilleuse dont
l'humanité est redevable à la Phénicie.
La cuve même du tombeau d’Ahiram, qui est en pierre
calcaire, repose sur le dos de quatre lions accroupis ; ses
quatre côtés sont décorés de scènes sculptées en léger
relief et représentant le roi assis sur son trône, entouré
de dignitaires qui lui apportent des présents. Le couvercle
porte la double image d’Ahiram, vu de profil et tenant
à la main une fleur de lotus; les deux effigies étant
séparées par deux lions dont les têtes font saillie à chaque
extrémité et servaient de tenons.
L’épitaphe, qui est gravée partie sur la cuve et partie
sur le couvercle, constitue le plus ancien spécimen connu
de l'alphabet, système d'écriture si simple que tout le
monde pouvait l’employer et si complet que, sauf un
petit nombre de perfectionnements dus à l’ingéniosité
des Grecs, rien n’y a été changé depuis lors.
Les anciens disaient que les Phéniciens avaient cons-
truit, à l’imitation de l’Égypte, beaucoup de palais et
de sanctuaires ; et leur réputation à cet égard était si
bien établie, que lorsque le roi Salomon voulut élever un
temple à Jéhovah, c'est aux architectes de Tyr qu’il
confia l’entreprise ; Hiram lui prêta la main-d’œuvre né-
cessaire et aussi les matériaux, le bois en particulier,
dont la Judée était bien dépourvue et que le Liban pro-
duisait alors en abondance.
Cependant, de toutes ces constructions de la Phé-
nicie antique, deux seulement ont été exhumées jusqu'ici :