Full text: L' empire colonial français

xxvi L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS 
tale, mais l’Afrique occidentale. Il dira que c’était 
un moyen de négociation que la décision du 
cabinet Bourgeoistcherchait là, et non une con- 
quête, qui, avec des moyens si restreints, eût été 
absurde. Dans ces limites, notre droit n’était pas 
peu douteux; un arrangement antérieur, non 
ratifié c’est vrai, mais acquis à la négociation, 
était intervenu entre les deux diplomaties et avait 
reconnu que les territoires au sud de Kartoum 
étaient ouverts à la libre concurrence des explo- 
rateurs. Il n’y eut donc ni subterfuge, ni violation 
du droit ou des bonnes relations entre les puis- 
sances intéressées. L’honneur de la France est 
sauf, si ce dernier effort n’a pas été, comme tant 
d’autres, couronné de succès. Une négociation 
plus habile eût clos l’incident sans tant de bruit 
si les passions politiques n’avaient rabaissé bien 
péniblement et bien injustement l'honorable pro- 
sition de la France (1). 
En fait, partout la négociation avait emboîté le 
pas à l’exploration. Là où un explorateur fran- 
çais avait paru le premier, la carte des frontières 
françaises s’élargissait. Oh ! il ne fallait pas perdre 
de temps. Mais on n’en perdait pas. En Afrique 
occidentale, les conventions de 1889, 1890, 1891, 
établissaient les droits de la France en Séné- 
gambie, dans la région de Sierra-Leone, sur la 
Côte d’Or, sur la Côte des Esclaves, dans le 
Haut-Sénégal, et le Haut-Niger, dans les régions 
limitrophes de la République de Libéria, du Togo- 
(1) Consulter : G. HANOTAUX. le Partage de l'Afrique, Fachoda, 
Flammarion. 1909.
	        
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