LES PROBLÈMES GÉNÉRAUX 323
formation qui s’était produite. C’est ainsi qu’en 1911,
lors du renouvellement de son alliance avec le Japon,
l’Angleterre, traitant de pair avec son allié asiatique,
lui abandonna la suprématie navale en Extrême-Orient.
En retour, le Japon s’engageait, en cas de guerre européenne,
à assurer la défense maritime des Indes.
Trois ans plus tard, la guerre de 1914 faisait jouer cette
dernière clause du traité et donnait, en outre, au Japon
l’occasion d’expulser certains Européens d’Extrême-Orient
et d’étendre son influence dans le Pacifique.
La guerre, qui consolida sa situation politique, contribua,
par ailleurs, à développer sa puissance économique
dans des proportions considérables.
Devenu l’un des principaux fournisseurs des Alliés
pour la fabrication des munitions et la livraison des matières
premières, il profita, également, de l’absence des
produits européens en Extrême-Orient pour s'emparer
de la plupart des marchés du Pacifique. Certaines maladresses
compromirent cependant quelques-uns des résultats
sur lesquels il était fondé à compter.
Parallèlement, il développait sa marine marchande
qu’il considérait, à juste titre, comme un puissant outil
d’expansion commerciale.
L’ère de collaboration politique du Japon avec l’Europe
ne devait pas toutefois survivre longtemps à la fin
des hostilités, au cours desquelles l'archipel nippon
avait réalisé tant de profits.
Des froissements s’étaient déjà produits lors de l’élaboration
du traité de Versailles quand le Japon, voulant
porter devant la Conférence la question de l’émigration
jaune en Australie et en Amérique, s'était heurté au
veto des délégués anglo-saxons qui ne consentirent pas à
examiner sa demande.