236. L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
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tants. Et ce, sans grand profit pour la colonie, puisqu’il
exporte sur la Chine la majeure partie des capitaux
qu’il a su ainsi acquérir dans notre colonie. Aussi peut-
on dire qu’à l’heure actuelle, en Indochine, les Chinois
jouissent d’une situation absolument privilégiée non
seulement à l’égard des Français, mais même à l’égard
des indigènes qui s’en indignent et comprennent mal que
nous supportions pour nous un tel état de choses et moins
encore que nous le leur infligions.
Possédant leurs chambres de commerce propres,
groupés dans les villes importantes : Cholon, Saïgon,
Haï-phong, Hanoï, etc. où 1ls ont des représentants au
sein du corps municipal, et dans les centres adminis-
tratifs, Mytho, Cantho, Nam-dinh, Haï-duong, etc, où
ils ont leurs écoles, leurs cercles, leurs temples, 1ls cons-
tituent d’autre part, en Indochine, une force que la
France se devait de surveiller de très près, non seulement
pour la sécurité du pays, mais encore pour la défense des
intérêts de la population indigène. Elle a donc maintenu
à leur égard, en se bornant à la perfectionner, la régle-
mentation administrative établie par les souverains de
l’Annam et du Cambodge et qui lui permet de sou-
mettre tous les « Asiatiques étrangers », résidant sur le
territoire de l’Indochine ou venant s’y fixer, à un contrôle
très strict, en les obligeant à se faire immatriculer sur
les rôles du service de l'immigration et à se faire inscrire
sur les registres d’une congrégation officiellement re-
connue par notre autorité, et en se réservant le droit de
les expulser sans autre forme de procès lorsqu’ils se sont
rendus indésirables ou que la congrégation déclare ne
plus vouloir en accepter la responsabilité.
Les Chinois souffrent impatiemment ce contrôle et ne
cessent, depuis des années, d’en réclamer la suppression.
et l’opinion publique en France, mal au courant de l’im-
portance de la question pour l’Indochine, serait assez
disposée à leur voir donner satisfaction. Ce serait une