Full text: L' empire colonial français

EXVIII L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS 
lement, en deux points où la France a réservé ses 
droits : c’est, d’abord, au débouché de la mer 
Rouge et au revers de l’Abyssinie, l’étroit enclos 
où s'est établi le poste d’Obock ; et c’est, au sud, 
la grande île de Madagascar. La possession de ces 
deux champs d’expansion, admirablement déter- 
minés par la géographie et par l’histoire, assure- 
rait, de ce côté, à la France, un ensemble colonial 
de la plus haute importance mondiale. 
Dès 1888, un premier arrangement conclu avec 
l’Angleterre avait reconnu l’établissement de la 
France dans le golfe.de Tadjourah. Mais combien 
cet établissement resterait précaire, s’il n’était pas 
complété par une consolidation définitive et si un 
accord général n’intervenait avec le grand État 
indigène limitrophe : l’Abyssinie. C’est l’œuvre 
de la convention entre l’Éthiopie et la France, 
négociée, non sans peine, parmi les difficultés qui 
s'accumulent du fait de l’Angleterre, de l’Italie, 
de l’Abyssinie, des populations somalis et qui fut 
signée d’ordre du Quai d’Orsay, par M. Lagarde 
à Addis-Ababa, le 20 mars 1897, et complétée 
par l’arrangement avec l’Italie signé par M. Bar- 
rère à Rome, le 24 janvier 1900. 
Voici, enfin, la magnifique réalisation de Mada- 
gascar. Dès 1890, à propos des arrangements du 
Haut-Niger, on a obtenu du gouvernement anglais 
la reconnaissance du « protectorat de la France 
sur la Grande Ile, avec ses conséquences ». La 
principale assurance diplomatique est ainsi acquise. 
Quatre ans après, en présence de la malveillance 
des Hovas, surexcitée par des aventuriers étran- 
gers, la loi du 7 décembre 1894 décide l’expédi-
	        
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