LES PROBLÈMES GÉNÉRAUX 343
lui a été tellement défavorable, que, en juillet et en
août 1926, les prix sont tombés si bas que les produc-
teurs d’acier japonais se sont déclarés incapables de fournir
dans ces conditions et envisageaient la fermeture de leurs
usines ; les constructeurs japonais eux-mêmes se décla-
rèrent incapables de continuer à employer des aciers de
production locale si on ne les protégeait pas par des
taxes locales importantes. Ainsi donc, si nous accordions
au Japon l'entrée en Indochine dans les mêmes condi-
tions qu’à nos produits des aciers japonais, au moment
même où le Japon par des taxes nouvelles interdirait
chez lui toutes importations, notre production française
verrait se fermer tout à la fois le marché du Japon et
celui de l’ Indochine.
En ce qui concerne le marché intérieur de l’Indochine,
d’autre part, il est à remarquer que certains produits
japonais à peu près identiques arriveraient facilement à les
concurrencer s’ils n’étaient pas protégés par des tarifs
douaniers.
Au Japon, en effet, la main-d’œuvre est beau coup
moins payée qu'en Indochine et, pour assurer d’autr
part à sa population une exportation rémunératrice, le
gouvernement japonais protège cette exportation par des
primes très importantes. Aussi bien, le consommateur
indigène de notre colonie a-t-il tendance à les préférer
aux siens propres parce que d’un prix moins élevé. D'où
la protestation des corps élus de la colonie qui ne font que
suivre en cela celle de la population indigène aussi bien que
française.
Jusqu'ici, donc, la question est en suspens, et il est
probable que la modification due au relèvement, de
30 pour 100 sur les tarifs, loi du 4 avril et décret du
14 août 1926, promulgués en Indochine, ainsi que le
traité de commerce de l’Allemagne, décret du 30 août 1927,
entraîneront de nouveaux délais. I] est à souhaiter que
dans ces négociations notre diplomatie ne négligera pas