sx L’EMPIRE CQLONIAL FRANÇAIS
marcher au but. Le but, nous le connaissons puis-
qu’il est atteint maintenant, c’est l’organisation,
sous l’égide française, de la péninsule indochinoise
ou, plutôt, de cette face de la péninsule indo-
chinoise qui-est comme l’aisselle du monde asia-
tique, au sud de la Chine, face à l’isthme de
Panama.
Je puis le dire : après l’échec de Lang-Son,
l’hésitation fut telle qu’on pensa à se débarrasser
d’un poids que l’on croyait trop lourd et, un
moment, — qui le croirait? mais c’est un fait ;
j'arrivais, alors, au ministère : on négocia la remise
de l’Annam au Siam ! Un tel abandon, dont il est
loisible d’apprécier, maintenant, les funestes con-
séquences, s’il se fût produit, n’a été écarté qu’à
la dernière minute par la reprise énergique qui,
sur ce point comme sur tant d’autres, marqua
l’avènement au ministère de la deuxième équipe
coloniale.
Il était temps, car bientôt sonnait l’heure où le
colosse chinois chancelant, loin de continue» à nous
attaquer, aurait besoin de notre concours. Les
armées japonaises le menaçaient d’une ruine qui
eût été, pour le monde, une véritable catastrophe,
— nous le voyons assez par ce qui est advenu
depuis. La diplomatie française intervient avec
celles des puissances qui avaient le sentiment du
péril ; elle se fait, de l’intégrité de la Chine, une
règle de conduite qui lui donnait, soudainement,
une autorité particulière auprès du gouvernement
de Pékin. C’est alors que la paix de Simonosaki
prévient une querelle du Pacifique qui, sans doute,
eût mis aux prises toutes les puissances intéressées