EXXII L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS -
depuis la mer jusqu’au Mékong et aucune puis-
sance n’y faisait obstacle. L’œuvre de la diplo-
matie couronnait les efforts des soldats, des explo-
rateurs, des négociants, des missionnaires. Succès
d'autant plus facile à rejeter dans l’oubli que pour
l'obtenir on n’avait pas eu à répandre une seule
goutte de sang !
La grande Indochine française, enfin constituée,
n'avait plus qu’à prospérer, parmi ses rizières et
ses plantations de caoutchouc, dans ce coin des
mers et des terres asiasiques, abritée contre tout
péril, quoi qu’on en ait dit, non seulement par sa
propre force, mais par l’intérêt commun de tous
les peuples voisins à ce que cette péninsule et ses
rivages ne sortent pas des mains de la grande
puissance de civilisation et de paix qu’est la
France.
Le circuit mondial s’achevait : l’Empire colo-
nial était fondé. Cependant, il demandait encore
d'importants achèvements. Ce sera l’œuvre des
vingt dernières années. En passant rapidement
sur ce qui s’est fait aux Nouvelles-Hébrides,
aux Comores, sur d’autres points de la Côte
d'Afrique, sur le Rio Muni, dans l’Adrar, il faut
en venir, tout de suite, à ce qui sera l’œuvre colo-
niale des premières années du vingtième siècle,
l'établissement du protectorat. français sur le
Maroc. Qu’un pareil couronnement ait pu se
faire à temps, là aussi, et que, l'heure venue, le
Maroc, à peine dominé, ait pu rester français
grâce à l'esprit de décision, à l’énergie, au coup
d’œil, à ia souplesse vigilante et à l’autorité gé-