L’AFRIQUE DU NORD
sitant beaucoup de travaux, beaucoup de dépenses, que
les Romains sont arrivés à faire produire à ce sol à tra-
vers les siècles un rendement dont nous ne soupçonnons
pas l’importance.
Cette politique, il faut que nous la reprenions, dans des
conditions pourtant différentes des Romains, avec des
difficultés plus grandes, bien qu'on croie que le progrès
marche toujours et que ce qu’ont fait les ancêtres est faci-
lement réalisable pour nous.
Les Romains avaient pour eux une force que nous
n’avons pas; c’est à la fois un bien et un malheur : ils
avaient l’esclavage. Avec les esclaves ils sont arrivés à
faire des travaux que nous, avec nos méthodes scienti-
fiques, nous n’arriverons probablement jamais à refaire,
en raison de l’élévation des dépenses.
Quand on parcourt l’Afrique du Nord, de l’est à l’ouest,
on retrouve partout des vestiges de celte œuvre considé-
rable : ce sont des aqueducs, ce sont des réservoirs, ce sont
des canalisations. Pour vous donner une idée de ce
qu’étaient ces travaux, je vous citerai l’aqueduc de Cirta
(Constantine) qui avait 32 kilomètres de long, l'aqueduc
de Carthage qui avait 130 kilomètres de long. Ces travaux
permettaient d’alimenter des régions entières avec cette
eau qui est bienfaitrice dans un pays dont le soleil est
vivifiant, mais toujours brûlant.
Il y a deux ans à peine on a créé les grands barrages de
l’oued Fodda, qui forment un lac artificiel de 16 hectares
de superficie, alimenté à raison de 4 000 litres à la seconde.
C’est un beau commencement. Il faut faire mieux encore.
Et quand on descend après l’Atlas, et que l’on entre
dans les régions du désert, dans ces régions où tout pous-
serait, bien qu’il n’y ait que du sable et du soleil, s’il y
avait de l’eau, on comprend la nécessité d’une politique
de l’eau, qu’il faut suivre et dont on obtiendra des résul-
tats, avec de très grandes surprises, sans doute ; car le
désert est mvstérieux. le désert a des secrets que nous