2 — LE PEUPLEMENT EUROPÉEN
par M. Pierre MILLE
Par un contraste et utië contradiction qui méritent
qu’on les signale, l’Afrique du Sud anglaise où vit une
population d’un million d'habitants européens environ,
et des noirs de race bantoue dont le nombre ne suffit
pas aux exigences de la main-d’œuvre — si bien qu’elle
a dû faire appel à l'immigration hindoue — attire les
regards du monde entier. Il est beaucoup plus souvent
question d’elle, dans nos propres journaux, que de nos
propres colonies.
À l’autre bout du continent africain, tout près de l’Eu-
rope — Alger n’est qu’à treize heures de Marseille, Tunis
à trente-six heures, le Maroc, géographiquement du
moins, est encore plus rapproché — sur une côte de
2 440 kilomètre possédant un hinterland utile de 400 kilo-
mètres en moyenne vivent également un million d’Euro-
péens, 800 000 en Algérie, 175 000 en Tunisie, 75000 au
Maroc et 10 millions d’habitants de race arabe ou
berbère, à la peau blanche ou à peine cuivrée, aptes à
fournir la main-d’œuvre désirée à tel point qu’ils émigrent
jusque dans les campagnes et les usines de la métropole
française.
Il est vrai que l’Afrique du Sud possède des mines d’or
et de diamants, ce qui suscite une sorte de romantisme
économique, justifié d’ailleurs ; toutefois la durée d’explo1-
tation de ces mines n’est pas illimitée. D'autre part, du
fond de la Tunisie à l’intérieur du Maroc, s'étendent de
facon brusque, continue. les gisements de phosphates les