L’'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
en céréales atteint 25 millions de quintaux environ.
Celle des phosphates a dépassé 4 millions de tonnes, celle
des vins 8 millions d’hectolitres, celle de l’alfa, destiné à
la fabrication du papier de luxe, 1 400 000 quintaux,
dirigés presque entièrement sur l'Angleterre, de même
que 1 500 000 quintaux d'orges et avoines employés à
la distillation du whisky et à la fabricatioñ de la bière.
Les blés, au contraire, sont exportés, sauf la partie
absorbée par la consommation locale, presque unique-
ment sur la France. La’ valeur des vins et alcools, que
celle-ci reçoit d'Algérie et de Tunisie, atteint 700 millions
de francs. Le commerce total de l’Afrique du Nord a
atteint en 1927 le chiffre remarquable de treize milliards
et demi de francs.
Il est nécessaire de faire une remarque sur la produc-
tion du blé en Afrique du Nord. La moyenne du rende-
ment à l’hectare apparaît faible : un peu moins de 8 quin-
taux. Mais c’est que la culture des céréales est encore en
grande’ partie entre les mains de l’indigène. Il n’y a
que peu de temps que les Européens l'ont entreprise à
leur tour, réalisant alors ‘des rendements qui atteignent
20 et même 30 quintaux à l’hectare, grâce d'abord à
l’emploi de semences sélectionnées, ensuite à l’applica-
tion généralisée du dry-farming sur les hauts plateaux
d'Algérie et dans le nord de la Tunisie. Il y a là de vastes
étendues de torres très riches, en jachère depuis deux
mille ans, et contenant jusqu’à 2,5 pour 100 d'acide
phosphorique. Actuellement, tandis que les plantations
de vignobles ne s'étendent plus guère, tout l’effort
des colons se porte dans la culture des céréales, et les
résultats sont tels qu’on s’attend, ainsi que je l’ai dit,
que l’Algérie et la Tunisie fournissent bientôt la France
des quantités dont elle a besoin.
De plus la Tunisie, avec ses 1 700 000 pieds d’oliviers,
est à cette heure une des plus grandes exportatrices
d’huile d’olive du bassin de la Méditerranée.
18