CHAPITRE II
L’AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE
par M. Albert LEsrun,
ancien ministre des Colontes.
L’Afrique occidentale, grande comme huit fois la métro-
pole, étend ses immensités depuis les arrières de la magni-
fique devanture méditerranéenne que constituent le
Maroc, l’Algérie et la Tunisie jusqu’au golfe du Bénin,
depuis l’Atlantique jusqu’au Tchad.
Je ne vais pas pouvoir évoquer lea souvenirs d’histoire
qui viennent nécessairement à l’esprit quand on pose
son regard sur cette partie de la carte du monde, rappeler
les grands noms de soldats, d’explorateurs et d’adminis-
trateurs qui la jalonnent depuis l’époque lointaine où
Faidherbe engageait la lutte avec El Hadj Omar et
dont plusieurs vivent au milieu de nous, entourés de notre
respect toujours reconnaissant.
Je ne pourrai pas davantage m'’attarder paresseuse-
ment devant les originalités, les contrastes, les beautés
d'un tel pays, visiter ses villes et ses villages, où, à côté
des paillotes et des cases indigènes, se dressent, toujours
plus serrées, les villas et les constructions européennes ;
courir le long de ses fleuves, tantôt resserrés entre leurs
rives abruptes et tantôt épandus en de larges nappes fécon-
dantes ; rêver sous ses hautes forêts dans le charme trou-
blant de leurs profondeurs parfois encore impénétrées,
errer dans les immensités désertiques qui le limitent à
ses confins septentrionaux.