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L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
émule et y plante les trois couleurs, dont il confie la garde
au sergent sénégalais Malamine, qui, n’ayant avec lui
que trois laptots, saura faire respecter le drapeau, résis-
tant aussi bien aux menaces qu’aux séductions de l’Anglo-
Saxon.
Premières grandes épreuves où la Cendrillon apparaît
bien, sous les espèces de de Brazza et de Malamine, dans
son rôle et ses atours symboliques : de Brazza voyageant
souvent seul ou accompagné d’une faible escorte, vivant à
l’indigène, marchant souvent pieds nus et dépenaillé,
tandis que son rival dispose de troupes nombreuses et
de tout le confort possible. Mais si la nappe d’eau devant
laquelle se déroulent ces incidents doit s'appeler « Stanley
Pool » sur les cartes, le point même où Malamine garde
le drapeau qu’on lui a confié s’appellera, un jour pro-
chain, Brazzaville.
Le roi Léopold, derrière le rideau de l’A. I. A., poursuit
ses objectifs ; ce qu’il veut, c’est fonder en Afrique une
manière d’empire noir dont il soit le souverain ; il demande
aux puissances la transformation de l’A. I. A. en État
indépendant. Et cela se fait au Congrès de Berlin en 1885.
L'acte international qui en sort, et dont certains colo-
niaux français demandaient avec raison, pendant la
guerre, la dénonciation, en même temps qu’il institue le
régime international du Congo et du Niger (et sur ce der-
nier fleuve les Anglais ont su le rendre quasiment caduc)
précise les conditions de l’expansion africaine : obliga-
tion d’occuper les territoires revendiqués.
L’Allemagne, tard venue dans l’ère coloniale africaine,
mais qui a déjà réussi à prendre pied çà et là sur les côtes
du continent noir, espère, sans grand enthousiasme du
reste — Bismarck professant que la colonisation ne vaut
pas lés os d’un seul grenadier poméranien — espère,
dis-je, en tirer tout de même quelques profits.
Et voici que commence l’ère des compétitions terri-