L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
quand les trois missions réunies auront livré le combat
de Kousseri (1900) qui verra en même temps la mort de
Rabah et celle du èommandant Lamy, les troupes vic-
torieuses de Robillot qui entreront à Dikoa, l’ancienne
capitale du sultan esclavagiste, y trouveront les osse-
ments de Ferdinand de Béhagle venu pacifiquement à
son contact et qu’il a fait pendre aussitôt après Niellim.
La politique d’expansion vers le Tchad est close : les
accords de 1894 et 1898 ont défini les frontières. Peut-
être nos victoires sur la barbarie africaine (car ce n'est pas
seulement de Rabah que nous avions délivré l’Afrique,
mais encore de Béhänzin et de Samory) auraient-elles
dû nous valoir l'attribution du Bornou et je garde pour
le moins le regret de Dikoa où le cadavre glorieux de
mon ami de Béhagle montait la garde et que nous n'avons
pas su, après la victoire de 1918, nous réserver dans le
partage d’un Cameroun qui aurait dû nous revenir tout
entier.
Quittons le bassin du Tchad et revenons vers l’Ou-
banghi où une autre politique d’expansion est en cours
et qui va vers sa conclusion. Ici il s’agit du Soudan
égyptien. Que les Anglais aient l’intention de s’en em-
parer, qui se sont installés en Égypte en 1882, profitant
de notre carence, et pour n’en plus sortir, c’est certain.
Mais l’occupation de l’Égypte est une question et la des-
tinée du Soudan en est une autre. Le président Carnot
l’a pensé sous l'inspiration de l'ingénieur Prompt, spé-
cialiste des barrages du Nil, et il a, tandis que Liotard
poursuit son avance, avance forcément lente étant donnés
ses faibles moyens, pressenti le capitaine Monteil qui
revient de sa traversée de l’Afrique, de Saint-Louis à
Tripoli. Mais Monteil tarde à partir. Jai le souvenir très
précis d’une séance à la Chambre où M. Hanotaux,
ministre des Affaires étrangères, en réponse à un dis-
cours de lord Salisburv, définit clairement la position