L’AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE 45
de la France dans cette question internationale et annonce
qu’il donne l’ordre à Monteil de s’embarquer.
En réalité, c’est Marchand qui accomplira, avec 6 offi-
ciers, 54 sous-officiers et 200 tirailleurs sénégalais, la
geste de la France. Les noms vous sont connus : Mar-
chand, Mangin, Baratier, Largeau, Fouques, héros de la
grande guerre (Germain était mort avant le cataclysme)
et Dyé. Les faits ne se sont pas effacés dans votre mé-
moire : la France et l’Angleterre face à face à Fachoda,
et toujours avec la même disproportion dans les moyens ;
dans la métropole un trouble grave de caractère poli-
tico-social, une hésitation marquée à engager une guerre
dont le pays ne comprendrait pas la portée… et la mis-
sion Congo-Nil prend, avec armes et bagages et tous
les honneurs que lui rend l’armée de Kitchener, le che-
min de France en passant par l’Éthiopie. Aussitôt les
Anglais effacent sur la carte le nom de Fachoda, manière
de modifier le destin des choses — nomen, numen. Et
s'achève la grande histoire du Congo français qui, lui
aussi, pour d’autres raisons, mais avec la même inten-
tion, devra changer de nom et deviendra l’Afrique Équa-
toriale française.
Mais, en vingt-cinq ans, que de courage dépensé par
la pléiade des explorateurs, grands et petits ! Que de souf-
frances, que de dévouements, que d’héroïsmes qui font
que le Congo, plus que toute autre partie de notre Afrique
noire, pouvait être appelé : terre d’apôtres et de martyrs !
Une des causes du marasme congolais - pouvait être
trouvée dans le fait qu’une grande partie des charges
financières de l’expansion territoriale étaient laissées à
son compte.
Mais il v avait d’autres causes
Dro-+
fondes.