Object : Wirtschaft als Leben

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100 LE GRAND DESSEIN DE NAPOLÉON. les alliés une sorte de protectorat sur les chrétiens de l’empire ­ ottoman, analogue à celui de la France sur les catholiques ­ du Levant : cela ne pouvait convenir ni à l’Autriche ni à l’Angleterre, et on se garda d’agiter trop un sujet aussi brûlant. Le traité de la Sainte Alliance, entre les trois souverains ­ de Russie, de Prusse et d’Autriche, représentant les trois branches principales de l’Église chrétienne, ses termes bibliques, ses appels à la renaissance de la foi religieuse, parurent annoncer une croisade contre l’Islam, et le sultan en exprima quelque inquiétude. Ce n’était qu’une « assurance ­ mutuelle des rois contre les peuples », une entente, à préciser dans les détails d’application, sur la croisade à conduire contre les principes révolutionnaires, une dernière manifestation, aussi vaine que prétentieuse, de l’absolutisme de droit divin. Cependant l’Orient fut intéressé, indirectement du moins, aux résultats des délibérations de Vienne et de nouvelles positions furent prises par les puissances victorieuses autour de Constantinople ; de nouveaux caractères apparurent, dans l’empire ottoman lui-même, dont ces puissances ne tinrent encore aucun compte, qui pourtant devaient modifier la question plus que toutes les finesses de la diplomatie. L’Autriche encore une fois oublia sa vocation orientale ; peut-être craignait-elle de fournir quelque prétexte aux convoitises de la Russie. Elle reprit seulement ses provinces perdues de Carinthie, de Camiole et de Croatie, et la plus grosse part de l’ancien domaine de Venise, souvenir de Campo-Formio, le royaume d’illyrie et le royaume de Dalmatie. Cela ne la détournait pas de l’Occident, où elle chercha et trouva la récompense de sa victoire ; elle eut le royaume Lombard-Vénitien et la prépondérance sur l’Italie, la présidence ­ de la Confédération germanique et la prépondérance sur l’Allemagne. L’Angleterre, occupée surtout de la lutte contre Napoléon, en était restée dans l’Inde aux conquêtes du marquis de Wellesley. C’était assez pour qu’elle cherchât à s’assurer de libres communications avec cet empire, — car elle n’avait plus de rivalité à y redouter, — pour qu’elle en occupât les routes. Elle prit donc le Cap de Bonne-Espérance, et, Bonaparte ­ ayant attiré son attention vers l’isthme de Suez, elle commença de prendre sur la Méditerranée les meilleurs points stratégiques; elle eut, avec Gibraltar, Malte et le protectorat des îles Ioniennes.
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