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d'achat, il est vrai quelque peu rudimentaire. Son but
était de prévenir la création d’une coopérative à Lyss.
Ce but ne fut pas atteint *.
Les services d’escompte des villes se gardaient en gé-
néral, au moins au début, d’admettre dans leurs rangs
des détaillants de la campagne environnante, sauf ex-
ception motivée *. Le but de cet ostracisme était d'attirer
en ville la clientèle rurale par la garantie d'un avantage,
qu’elle ne puisse trouver à son domicile et qui com-
pense les frais de déplacement. D'une manière toute gé-
nérale, du reste, les services d’escompte sont de puissants
irstruments d’épuration de la profession. Ils n'admettent
pas n’importe quel détaillant dans leurs rangs. Lorsqu'un
concurrent est « surnuméraire », on le prive des bénéfi-
ces du service et de la faveur dont ceux qui en sont
membres jouissent auprès de la clientèle. Le malheur
est que les critères d’élimination se réduisent fatalement
au jeu de jalousies terriblement personnelles. D'autre
part, prétend Faucherre, en restreignant les rangs de la
profession, les commerçants procèdent précisément à
l’œuvre à laquelle ils reprochent aux coopératives de
procéder : l'extirpation du petit commerce parasitaire *.
Les tendances éliminatrices dont nous parlons ici ont
une tendance fatale à aller en s’exagérant à mesure que
* La coopérative commença de fonctionner le 1er mai 1905
et réussit à se maintenir. Cf. Faucherre, op. cit, pp. 64, 66.
* «Um dem Allgemeinen Konsumverein Luzern, der in
»allen der Hauptstadt nahe liegenden Ortschaften Filialen
» besitzt, môglichst erfolgreich entgegentreten zu kônnen,
» wurden auch die Händler der umliegenden Dôrfer in die
» Rabattvereinigung einbezogen. Diese Tatsache ist bemer-
» kenswert, da sonst in den städtischen Rabattgenossenschaf-
» ten die Tendenz beobachtet werden kann, sich streng auf
> das städtische Wirtschaftsgebiet zu lokalisieren, um die
» ländliche Konkurrenz kalt zu stellen und die Käufer vom
> Lande in die Stadt zu ziehen.» (Faucherre, op. cit, p. 68).
3 die systematische Ausschaltung der wirtschaftlich schä-
» digenden Elemente im Verteilungsprozess.» (Faucherre.
op. cit, cf. pp. 139-140).