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> riode, nous le rencontrons encore, même dans de très
» importantes villes de province, puis il recule de plus
»en plus, jusqu’à ce que, finalement, on ne le rencontre
» plus que dans les petites villes et à la campagne » *.
Avec l’augmentation du volume total du commerce et
du nombre des articles, une spécialisation se produit.
Pas plus que les autres branches de l’activité humaine,
le commerce de détail n’échappe au phénomène de la
division du travail. Il se produit d’abord, dit Sombart
(op. cit, p: 456), une spécialisation par branches, en
d’autres termes : par groupes de marchandises deman-
dant le même traitement. Par exemple : toutes les mar-
chandises qui se pèsent, ensemble ; toutes celles qui se
comptent, ensemble ; toutes celles qui se mesurent au
mètre, ensemble, etc. Puis vient la spécialisation par
vesoins à satisfaire (toutes les choses qui se mangent,
ensemble, etc.). Sombart trouve ce type de spécialisation
ppposé à l’autre et il y voit un élément révolutionnaire
des anciens principes ?. Le début de la spécialisation de
zette sorte remonterait à un siècle et demi, au plus. Ses
premières traces seraient visibles à Londres et à Paris,
et son premier aspect serait la création du « Moden-
warengeschäft », celle du « Luxuswarengeschäft» et
celle du « Wohnungseinrichtungsgeschäft », formations
en quelque sorte parallèles, résultant d’un véritable pro-
zessus de différenciation : le mot de Sombart est excel-
lent et nous ne pouvons que le reprendre.
* Loc. cit. «Dieser Typus bleibt nun aber während der
» ganzen frühkapitalistischen Epoche bestehen : eine lange
» Zeit hindurch begegnen wir ihm selbst noch in grôsseren
>) Provinzstädten, dann weicht er immer und mehr zurück,
>bis er schliesslich in den kleinen Städten und auf dem
> platten Lande sich allein noch findet ».
? Parce que cette spécialisation a pour principe l’intérêt
du consommateur et non, comme l’autre, la commodité du
vendeur. Si étrange que cela nous paraisse, l’idée que le