CHAPITRE XXIV
Le pont d’un bateau à vapeur sur le Danube. — Visegrad. — Ancienne splendeur de ce château.
— Jardins, terrasses et tournois. — Mot d’un légat du Pape. — Vacz. — Le soir sur le
Derrière nous, la cathédrale de Oran
s’évanouissait comme une ombre rose
dans un effacement nuageux. Un jeune
Bénédictin qui était monté à bord de
notre vapeur, à Gönyö, expliquait à un
paysan de la basse Hongrie que la cathé
drale, commencée en 1821 par le primat
Rudnez, n’était pas achevée, qu’elle avait
coûté des millions, que les temps actuels
étaient durs, qu’il restait à faire l’église
souterraine devant servir aux cérémonies du culte en hiver, et que tout
l’édifice était recouvert intérieurement de marbre rouge et reposait sur
trente-huit colonnes. Il raconta ensuite h son voisin que saint Étienne était
né à Gran, dans un château qui s’élevait alors sur la colline que couronne
l’église actuelle, et que c’était là qu’il avait été baptisé par saint Adalbert.
Le prince primat Rudnez avait voulu consacrer un monument imposant à
ces souvenirs de la patrie.
Le pont d un bateau a vapeur sur le Danube ne présente malheureuse
ment plus aujourd hui les scènes et les types pittoresques qu’on y voyait
jadis. Un voyageur anglais, (Juin, qui se rendait à Constantinople en 1884,
nous a laissé un croquis original de la compagnie bizarrement mélangée
avec laquelle il se trouva durant le trajet de Vienne à Pest. Il y avait d abord
des centaines de Tyroliens qui s’en allaient en Transylvanie, avec leurs
femmes et leurs enfants, pour travailler aux mines de l’État : les uns étaient
couchés et dormaient; d’autres se promenaient de long en large, en fumant,
en chantant ou en sifflant ; agenouillés en rond, les plus jeunes se rendaient
Danube. — Arrivée à Budapest.
BU
Paysan de la basse Hongrie.