LE SEL DANS L'HISTOIRE
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non harengs et poissons, si bien que le bay-salt est la meilleure
marchandise que requièrent toutes les possessions du roi
de Danemark » ("). -
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Il y aurait lieu de suivre l’histoire. de ce sel de Brouage au
cours du xvir° siècle, — Richelieu fera de Brouage une forteresse
; — mais elle est dépassée en importance politique par
l’histoire du sel de Peccais, parce que cette dernière est étroitement
liée à l'histoire des relations franco-suisses, Quoique
la belle publication du regretté Edouard Rott soit plutôt
pauvre en documents économiques, il-h’a pu ne pas faire au
sel uhe large place : 27 renvois à ce mot dans l'index du
tome II (le tome I n’a pas d’index rerum), 29 au tome IIL
etc.
On répète toujours la fameuse formule : « Pas d'argent, pas
de Suisses ». Hélas ! la royauté française, toujours besogneuse
et mauvaise payeuse, à eu, trois siècles durant, beaucoup
de Suisses pour peu d'argent. Mais, quand il s'agissait
de liquider une dette criarde, d'obtenir une levée, de renouveler
l'alliance, on remplaçait les écus manquants par des
minots de sel de Provence.
H s'agissait de lutter contre la concurrence des autres fournisseurs
de sel du marché suisse : les salines comtoises, dont
nous avons déjà parlé ; les salines autrichiennes, celles du
Sal/kammergut (*) ; enfin, les salines lorraines. Chacun des
voisins des cantons avait, comme la France, sa politique du
sel, liée à sa politique d'influence. Chacun cherchait à déprécier
le sel de l’adversaire. On reprochait notamment au sel
gris de Provence de ne pas valoir le sel blanc des salines continentales.
On reprochait surtout aux intermédiaires employés
par la France de grossir indûment leurs bénéfices en mélani
au sel d’autres matières — comme les noirs de Guinée met
taient naguère des cailloux dans les balles de caoutchouc.
Cette lutte pour la conquête du marché suisse commence de
(4) Ch-E. Hrx, Sound dues, p. 61, cite le tarif de 1550 qui vise les
cargaisons de « Lisebon, Mariport or Burvas sall ». Burvas est-il là pour
Brouage ? Voy. aussi p. 64.
(2) La Hongrie étzit trop loin pour agir sur le marché suisse.